Qui sont les Jeunes Ramau ? Trajectoires, profils et positionnements

Laura Brown

p. 208-222

References

Bibliographical reference

Laura Brown, « Qui sont les Jeunes Ramau ? Trajectoires, profils et positionnements », Cahiers RAMAU, 10 | 2019, 208-222.

Electronic reference

Laura Brown, « Qui sont les Jeunes Ramau ? Trajectoires, profils et positionnements », Cahiers RAMAU [Online], 10 | 2019, Online since 29 November 2020, connection on 10 December 2022. URL : https://cahiers-ramau.edinum.org/206

En 2018, Ramau a fêté ses vingt ans. Le réseau s’est consolidé au fil du temps avec l’apport des membres – chercheurs et professionnels – des Ensa et des Instituts d’urbanisme français et européens (Suisse, Belgique). Il fait aujourd’hui le constat que les diplômés en architecture et en urbanisme sont de plus en plus nombreux à se tourner vers la recherche (thèses, enseignement) et à participer à ses activités (publications dans les Cahiers Ramau, rencontres). Aussi, pour mieux identifier les caractéristiques sociodémographiques et la nature des activités de cette nouvelle génération, une branche de Ramau est née, baptisée les « Jeunes Ramau ». Un questionnaire, élaboré et diffusé par le réseau, a reçu une trentaine de réponses. L’article en décrit les résultats, éclairés par une série de portraits qui entrent en résonance avec les thèmes de prédilection du réseau : la dimension internationale, la participation, la durabilité et, plus généralement, la fabrique de la ville.

In 2018, Ramau celebrated its 20th anniversary. The network was built over time through the contributions of members – researchers and professionals – from French and European Architecture Schools and Urban Planning Institutes (Switzerland, Belgium). The network has recently observed that an increasing number of graduates in architecture and urban planning are turning to research (doctorates, teaching) and participating in its activities (publications in the Papers, symposia). In order to better identify this new generation’s socio-demographic characteristics and the nature of its activities, a new branch of Ramau was born: “Young Ramau”. A questionnaire distributed by the network got about thirty replies. This article describes the survey’s results and illustrates these with a series of portraits that resonate with the network’s preferred themes: the international dimension, participation, sustainability and more generally, urban production.

Contributions de Fanny Gerbeaud, Théa Manola, Luna D’Emilio, Yasmina Dris

Vingt ans après sa création, le réseau Ramau est devenu une référence nationale dans les domaines de la recherche en architecture, urbanisme et paysage. Cet anniversaire a été l’occasion de créer une nouvelle branche : les « Jeunes Ramau ». L’ambition est de faire perdurer Ramau en s’appuyant sur ses jeunes chercheurs et en misant sur le fait qu’eux-mêmes s’impliqueront dans les activités du réseau et le feront rayonner. Dans un objectif de poursuite de travaux de qualité, il s’agit de fédérer un ensemble de chercheurs et de professionnels œuvrant dans les domaines de la construction du cadre bâti et de l’environnement : architecture, urbanisme, paysage, ingénierie et design. Enfin, le nombre de diplômés dans ces disciplines qui se dirigent vers des parcours doctoraux étant en forte augmentation, le groupe des « Jeunes Ramau » permettra de mieux identifier et de valoriser leurs recherches.

Une base de données se constitue depuis 2018, enrichie par les réponses à un questionnaire en ligne. D’abord adressé à des doctorants et à de jeunes chercheurs cooptés par les membres du réseau, il est en cours de diffusion élargie auprès de listes diverses (1 000 doctorants pour les territoires, Association des doctorants et docteurs Cifre en sciences humaines et sociales, et Géotamtam). L’ambition du questionnaire est de révéler les trajectoires, les profils et les positionnements des répondants entre leurs études initiales et les recherches vers lesquelles ils se dirigent. Les premiers résultats sont analysés ici. Dans la mesure où les réponses reçues ne sont pour l’instant qu’au nombre de trente-deux, il s’agit d’observations plus qualitatives que statistiques, mais qui révèlent toutefois des tendances : une féminisation des effectifs, une majorité de diplômés en architecture et en urbanisme, aux revenus généralement modestes ou bénéficiant souvent de financements Cifre, désireux de devenir enseignants-chercheurs et ayant recours dans leurs travaux aux méthodes qualitatives. Une première partie analyse les travaux de recherche et leurs positionnements théoriques et méthodologiques ; une deuxième étudie les coulisses des recherches (financements, motivations, ambitions, insertion) ; enfin, une troisième examine les trajectoires individuelles (milieu familial, sexe, études initiales) en tant que déterminants des choix professionnels.

Figure 1 - Le projet, l’urbain et les acteurs au cœur des thèses

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Les recherches des Jeunes Ramau : fabrique de la ville et démarches qualitatives

Plus que les disciplines académiques telles que la sociologie, la géographie ou l’histoire de l’art, l’intérêt principal pour l’architecture et l’urbanisme constitue le socle commun des thèses des Jeunes Ramau. L’analyse des résumés par la méthode du nuage de mots fait ressortir le « projet » comme objet d’étude majeur (fig. 1). Architectural ou urbain, celui-ci est le support des analyses de processus. Des thèses s’intéressent à l’arrivée de nouveaux acteurs dans la chaîne de production et aux mutations des jeux d’acteurs professionnels (architectes et urbanistes principalement) : collectifs, entrepreneurs sociaux, rôle des élus, internationalisation, « Building Information Model ». D’autres analysent des objets complexes en train d’être construits : gares, patrimoines et cités, opérations d’intérêt national. D’autres encore centrent leurs analyses sur la fabrique des territoires : formes et modèles de villes, mobilités, projets périurbains, favelas et méga-événements. D’autres enfin étudient les cadres législatifs en perpétuelle évolution et observent de nouveaux référentiels d’action dans la fabrique de la ville : la durabilité, la participation, l’internationalisation, la recherche-développement-innovation et la transition énergétique.

Les méthodes qualitatives dominent les travaux des doctorants et des jeunes docteurs. Moins initiés aux méthodes quantitatives et statistiques dans les écoles d’architecture ou les instituts d’urbanisme que dans les masters universitaires, les jeunes composent avec leurs moyens. La thèse représente souvent un moment d’apprentissage pendant lequel les laboratoires offrent une gamme élargie de formations. Acquises ou non avant l’entrée en doctorat, les méthodes s’acquièrent en partie pendant la thèse. Aussi, certainement parce qu’ils y sont prédisposés, ces jeunes plébiscitent l’enquête par entretiens semi-directifs et ouverts, l’observation participante, l’enquête ethnographique et les méthodes visuelles1. Au contraire, les enquêtes par questionnaire et analyses statistiques sont peu mobilisées.

Les coulisses des recherches : localités, financements et diplômes

Principalement localisés à Bordeaux, Paris et Grenoble, les Jeunes Ramau étudient surtout des cas français. Ceux qui traitent de cas internationaux le font avec le Brésil, le Canada, la Thaïlande et l’Équateur. Une seule situation de cotutelle internationale est recensée (entre la France et le Brésil). Soulignons que certains chercheurs sont eux-mêmes des étrangers installés en Suisse, en Belgique et en Suède, et que des villes françaises peuvent constituer leur terrain d’étude. C’est le cas d’une thèse suédoise comparatiste (entre Bordeaux, Cambridge et Göteborg) interrogeant la prise en compte du développement durable dans les procédures d’aménagement urbain.

Le choix du lieu d’études peut sans doute s’expliquer par les sources de financement, qui induisent dans certains cas une orientation du sujet de recherche. Les thèses Cifre sont les plus courantes. Hébergés dans des institutions, des bureaux et des entreprises, les jeunes chercheurs sont accueillis en situation professionnelle, dans une position partenariale entre un laboratoire d’établissement au sein d’une école d’architecture, un laboratoire universitaire de recherche et un employeur. Cette voie semble correspondre aux attentes des diplômés en architecture et urbanisme, qui ont suivi un cursus d’études professionnalisant. En entrant en thèse, tous ne souhaitent pas faire une carrière universitaire. Pour certains profils, la thèse Cifre offre un bon compromis entre un parcours universitaire et le monde opérationnel. Certains restent à terme employés de la structure qui les a accueillis. Cela tient-il au financement Cifre ou non, toujours est-il que peu de chercheurs ont participé à des projets collectifs de type ANR, d’une Région ou de l’État. Tandis que les générations de chercheurs des années 1970 à 1990 témoignent de leurs nombreuses participations à des projets collectifs, les promotions 2000 à 2020 profitent des Cifre ou bénéficient de contrats doctoraux et de bourses (Palladio et Fondations) pour financer leurs doctorats. Cela traduit la tendance observée de la baisse de financements publics pour la recherche en France.

La discipline d’inscription en thèse ne correspond pas nécessairement à la provenance des masters (fig. 2). Bien qu’une majorité ait obtenu un diplôme en architecture, la thèse est effectuée en urbanisme et en sociologie. Ceci ne reflète pas nécessairement un choix délibéré de la part des candidats. À Bordeaux, par exemple, l’architecture ne figure pas dans les disciplines de certaines écoles doctorales. Les doctorants s’inscrivent dès lors en sociologie, en urbanisme ou en géographie.

Figure 2 - Disciplines de masters et de thèses

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Les trajectoires individuelles : le souhait de devenir enseignant‑chercheur

Pour les Jeunes Ramau, la thèse est avant tout un moyen de faire de la recherche. Leur souhait quand, ils se projettent professionnellement, est de devenir enseignants-chercheurs. La thèse est aussi un moyen d’obtenir un diplôme de plus haut niveau et de continuer à se former. L’expérience semble positive pour ces nouveaux diplômés, qui affirment percevoir de fortes articulations entre leurs travaux de thèse et leurs attentes du monde professionnel. Pour ceux qui ont terminé leur doctorat, l’expérience les a aidés à s’insérer dans une voie professionnelle satisfaisante.

De sexe féminin en majorité, âgées de 31 à 44 ans, issues de familles de cadres et professions intellectuelles supérieures, les personnes ayant répondu au questionnaire ont travaillé et continuent de travailler pendant leur thèse dans un domaine d’activité souvent lié à leur objet d’étude (enseignement, médiation, missions de recherche). Leur parcours doctoral les projette dans une carrière satisfaisante. Plus de la moitié ont déjà publié des articles pendant leur thèse. Les plus jeunes s’inspirent des travaux de Ramau pour mener leurs propres recherches. Entre dépendance au sentier et autonomie, comment se positionnent les nouvelles générations par rapport au réseau ? Comment les travaux de Ramau ont-ils accompagné, orienté, été le support des activités des entrants dans le monde de l’enseignement et de la recherche ? C’est ce que tâchent d’approfondir les quatre portraits suivants.

Fanny Gerbeaud – Une orientation internationale

Quelle est votre perception de Ramau et en quoi consiste votre participation au réseau ?

Je connaissais Ramau de manière indirecte par le biais de mon entourage scientifique, puisque plusieurs de mes collègues en sont membres. J’ai eu l’occasion, plus récemment, de participer à une enquête du réseau sur les jeunes chercheurs. Je découvre aujourd’hui plus précisément ses thématiques et ses actions en rejoignant le groupe des Jeunes Ramau, et par le biais de mes recherches au laboratoire Profession Architecture Ville et Environnement (Pave) à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux (EnsapBx). À la suite de ma thèse, j’ai en effet contribué à l’enquête nationale sur la culture architecturale des Français2 menée par Pave, qui abordait les perceptions de l’architecture ainsi que la formation des futurs praticiens de l’espace. J’ai aussi travaillé sur plusieurs programmes de recherche sur le développement durable urbain dans le cadre de comparaisons internationales. Ces thèmes-là, ainsi que les interrogations soulevées lors de mes échanges avec les étudiants et enseignants, m’orientent naturellement vers les publications et activités de Ramau pour enrichir ma réflexion et ma participation aux études.

Quels sont les liens entre votre thèse et les thématiques du réseau ? Comment avez-vous pu et pouvez-vous actuellement mobiliser les travaux de Ramau, Cahiers, site web, journées ?

Ma thèse3 interrogeait la fabrication a priori temporaire d’espaces et de quartiers, et leur consolidation et assimilation progressive au tissu urbain régulier sur les plans spatiaux, juridiques et sociaux. Elle s’intéressait aussi à l’évolution des représentations de ces communautés denses (en langue thaïe : chumchon ae-at) et des pratiques professionnelles chez les praticiens, universitaires et instances urbaines, dans un contexte de régularisation croissante de ces ensembles. Ces questionnements ont irrigué ma pratique d’enseignante en sciences humaines et sociales à l’EnsapBx (de 2009 à 2017) et de chercheuse travaillant sur les postures professionnelles, les usages et l’appropriation de l’espace – formels et informels – à plusieurs échelles, ainsi que sur la médiation de l’architecture.

Si je n’ai pas encore pu participer aux journées du réseau, je consulte en ligne les Cahiers Ramau, dont plusieurs thématiques rejoignent mes objets de recherche autour de comparaisons internationales :

  • la conception de la ville durable en rapport avec des approches participatives dans l’habitat (programme « Développement durable France-Thaïlande », 2008) et les récits de ville dans la transition énergétique (programme « Ignis Mutat Res », 2013, « France-États-Unis-Brésil », 2013) ;

  • la participation et la gestion de la ville autour des notions d’empowerment et de co-conception ;

  • la qualité architecturale, les usages et le confort (programme « Redivivus » sur le patrimoine résidentiel moderne à l’épreuve de la transition énergétique, recherche en cours ; les perceptions et usages du confort dans l’habitat individuel, 2017) ;

  • la perception de l’architecture, la médiation et la formation des acteurs de la ville.

Quels sont votre parcours personnel et vos centres d’intérêt ?

Mon parcours a une orientation internationale. Grâce à un échange avec la faculté d’architecture de Kasetsart, à Bangkok (Thaïlande, 2005-2006), j’ai pu me confronter à la construction illégale de pans entiers de la ville et j’y ai consacré deux mémoires : le premier sur une communauté dense (bidonville) de la banlieue de Bangkok à partir de l’organisation de ses espaces et des appropriations ; le deuxième, en master 2, sur les politiques du logement en faveur des habitants de bidonvilles. Diplômée en architecture en 2007 et docteure en sociologie depuis 2012, j’ai réalisé ma thèse dans la continuité de ces premiers travaux pour approfondir ce questionnement sur la fabrication de la ville par des « non-sachants » dans le contexte de métropoles de pays du Sud (à Bangkok, puis dans quelques villes brésiliennes).

Moins mobile aujourd’hui, car je partage mon temps entre mes missions d’ingénieure de recherche à Pave (EnsapBx) et ma famille, je n’en reste pas moins passionnée par les situations internationales et la fabrication de l’espace par ses habitants et usagers, ainsi que par les échanges entre acteurs sur leurs pratiques et cultures professionnelles. Je tiens aussi à me tenir informée des débats et questionnements sur les pratiques professionnelles, leurs évolutions, l’enseignement des futurs praticiens, puisque l’une de mes missions est d’assurer la diffusion et la valorisation de la recherche auprès des étudiants et de publics variés. Il m’importe aussi beaucoup de favoriser la compréhension et l’appropriation des résultats de la recherche auprès des acteurs du territoire, et de développer des formes de médiation ou d’opérationnalisation de la recherche pour des résultats concrets à différentes échelles. Plusieurs de mes recherches impliquent en effet des habitants ou des citadins qui collaborent à la production de données et avec qui je souhaiterais pouvoir expérimenter des applications de la recherche.

Quelles sont les thématiques que vous souhaiteriez voir émerger dans les activités du réseau ?

Je suis heureuse de rejoindre le réseau Ramau dans l’objectif d’un enrichissement mutuel et peut-être d’un élargissement des thématiques à des mises en perspective Nord-Sud. Le décalage du regard m’apparaît fondamental dans l’évolution des perceptions des espaces bâtis et des pratiques des architectes. Je serais très intéressée, par exemple, par une enquête consacrée à l’enseignement et à la formation en architecture et urbanisme dans les pays du Sud confrontés à la métropolisation. Ceci particulièrement dans un double contexte d’injonction à la durabilité et de circulation rapide des idées et des personnes.

Théa Manola – L’approche par le sensible

Quelle est votre perception de Ramau et en quoi consiste votre participation au réseau ?

J’ai connu l’existence du réseau Ramau grâce à ses publications. Nous étions en 2006, j’étais en début de thèse. Architecte et urbaniste de formation, fortement sensibilisée aux sciences humaines et sociales, je voyais, et vois encore aujourd’hui Ramau comme un espace des possible, croisant des personnes issues de mondes différents, traitant d’inter-professionnalisation/disciplinarité ; un espace qui semblait correspondre à ma manière de penser les enjeux de la réflexion et de la fabrique urbaines. Puis les appels à colloque, et notamment celui intitulé « Limplication des habitants dans la fabrication de la ville », m’ont conduite à participer à une table ronde sur les méthodes et outils « innovants ». Nous étions en 2013, j’avais terminé ma thèse et étais engagée dans une recherche post-doctorale. Depuis 2018, je suis membre du comité de programme « De l’incertitude des savoirs aux nouvelles fabriques de l’expertise4 ».

Quels sont les liens entre votre thèse et les thématiques du réseau ? Comment avez-vous pu et pouvez-vous actuellement mobiliser les travaux de Ramau, Cahiers, site web, journées ?

Mon travail de thèse5 portait sur la saisie et la compréhension des expériences sensibles ordinaires situées des quartiers dits durables du nord de l’Europe, visant à la fois une conceptualisation du paysage « multisensoriel » et une considération des conditions de la prise en compte du sensible dans l’action urbaine. Ses liens avec les thématiques de Ramau n’ont pas été directs ou pensés comme tels. Cependant, et peut-être sans en avoir véritablement conscience, mon travail de thèse entrait en résonance avec les préoccupations du réseau. D’abord par les thématiques abordées : approche par les ambiances (cf. Cahier Ramau 4), durabilité et ville durable (cf. Cahiers Ramau 7 et 8), implication habitante et concertation (cf. Cahiers Ramau 4 et 6). Ensuite par la communauté de chercheurs qui composent Ramau et qui, bien qu’ayant des thématiques scientifiques, des approches méthodologiques et des origines disciplinaires variées, se retrouvent sur la volonté d’éclairer la fabrique de la ville contemporaine en questionnant les processus d’élaboration des projets architecturaux et urbains et l’évolution des cultures professionnelles dans ce cadre.

C’est aussi en cela qu’aujourd’hui le cadre de réflexion du Ramau m’apporte et m’apportera certainement de plus en plus. En effet, sept années après la thèse, mes intérêts scientifiques évoluent, me permettant de consolider et de croiser des travaux existants sur les expériences sensorielles, esthétiques et affectives de la ville, mais aussi d’apporter des éléments de compréhension sur la considération du sensible dans l’ensemble du processus de projet, et donc aussi par les maîtrises d’ouvrage et d’œuvre et leurs assistances – sujet encore non traité par la recherche française. Outre une volonté d’analyse des enjeux socio-politiques de la fabrique urbaine et d’une « critique sensible » de l’urbain questionnant notamment les processus d’(hyper)esthétisation en cours (travail que j’amorce dans le cadre du projet exploratoire Proseco financé par l’Idex Grenoble-Alpes6), il s’agit aussi de questionner les re-professionnalisations et inter-professionnalités en œuvre quand le sensible entre dans le jeu de la production urbaine.

Figure 3 - Réalisation d’un parcours multisensoriel au sein du quartier WGT à Amsterdam en 2010

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© Silvère Tribout

Quels sont votre parcours personnel et vos centres d’intérêt ?

Pendant mes études d’architecture, je me suis rapidement intéressée aux processus de conception convoquant des connaissances sensibles et relatives aux expériences des usagers et habitants, à la fois celles déjà là et celles projetées. Puis, par un heureux hasard, et assez tôt ou bien à temps, j’ai croisé le monde de la recherche architecturale et urbaine. Après un master 2 de recherche en urbanisme réalisé en parallèle de mon travail de fin d’études, je me suis retrouvée doublement diplômée pendant l’été 2006 : architecte DPLG (École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette) et urbaniste (Institut d’urbanisme de Paris). Dès le dépôt de mon sujet de thèse auprès d’une école doctorale, j’ai obtenu une allocation de recherche ministérielle sur un sujet « risqué ». Une recherche doctorale et quelques recherches collectives plus tard, je suis docteure en urbanisme, aménagement et politiques urbaines. De profil hybride, à mi-chemin entre arts de la conception et sciences humaines et sociales (que je conçois dans une forme d’indivisibilité), je réalise un post-doctorat à lUMR Ladyss sur les Trames vertes et bleues (en tant qu’objet et politique publique) et leurs applications possibles par les bailleurs sociaux, puis un second post-doctorat au Centre scientifique et technique du bâtiment dans le cadre d’une recherche-projet intitulée Fact, qui se trouve être une extension directe de mes travaux personnels. Dans cette trajectoire, mes travaux scientifiques se sont intéressés aux expériences sensibles ordinaires, au paysage (multisensoriel) ainsi qu’aux enjeux socio-environnementaux et participatifs et à leur prise en compte dans les métiers de la fabrique urbaine et dans les projets spatiaux. Depuis 2015, je suis titularisée en tant que maîtresse de conférences sur un poste en sciences humaines et sociales pour l’architecture à l’Ensa de Grenoble et chercheuse au Cresson/UMR AAU. J’y trouve une place qui répond à mon profil hybride et à mes travaux scientifiques.

Quelles sont les thématiques que vous souhaiteriez voir émerger dans les activités du réseau ?

Dans l’évolution thématique du réseau, je trouverais important de consolider deux mouvements déjà amorcés. Le premier consiste en l’ouverture vers d’autres mondes tels que le paysagisme, mais aussi les pratiques artistiques et de design. Dans ce cadre, des mises en perspective entre différentes pratiques « créatives » et manières de faire pourraient être discutées. Le second a trait à une focale spécifique qui est celle de la recherche, et notamment des liens entre recherche et « projet ». Les enjeux de la recherche de/par/pour/dans/avec le « projet » pourraient être abordés. En extension, une mise en perspective entre mondes de la création (ou des créativités) et recherches pourrait être passionnante à mener. Enfin, il me semble aujourd’hui souhaitable et nécessaire de travailler sur le croisement entre enjeux contemporains prégnants de la fabrique urbaine (transitions diverses, numérique, métropolisation, esthétisation) et des enjeux sociopolitiques qui lui sont liés, notamment les processus de normation, terme utilisé en référence à la normalisation de celle-ci.

Figure 4 –

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Luna D’Emilio – L’étonnement comme source d’apprentissage

Quelle est votre perception de Ramau et en quoi consiste votre participation au réseau ?

N’ayant pas un profil issu de la sociologie ou de l’anthropologie, j’ai toujours trouvé les travaux de Ramau, notamment les Cahiers, très intéressants pour appréhender les recompositions profondes des professions du cadre bâti. Cela m’intéresse d’autant plus que cela concerne directement l’enseignement dans les écoles d’architecture : quelles compétences sont nécessaires pour les architectes de demain ? Quelles situations pédagogiques seraient propices pour piloter cette transition vers de nouveaux métiers ? Et, surtout, comment transmettre aux étudiants une capacité d’adaptation vis-à-vis d’évolutions qui – disons-le ! – nous échappent en bonne partie ? Ma récente intégration à l’école de Lyon m’a en quelque sorte « obligée » à me poser de telles questions. Au sein du champ « ville et territoires », tout particulièrement, l’imbrication des échelles et des temporalités ainsi que la diversité des situations mobilisées dans la pédagogie constituent autant de bonnes raisons pour convoquer les recompositions des métiers du cadre bâti. Les disciplines de l’urbain, qualifiées de « sciences de l’action » par Olivier Soubeyran, ou encore, d’« action » tout court si l’on se réfère à Françoise Choay et Pierre Merlin, semblent adopter des configurations à géométrie variable à la suite de l’introduction d’enjeux (la biodiversité, les aléas climatiques) qui étaient, jusqu’à il y a quelques décennies, étrangers ou marginaux dans la praxis des projets urbains et territoriaux.

Quels sont les liens entre votre thèse et les thématiques du réseau ? Comment avez-vous pu et pouvez-vous actuellement mobiliser les travaux de Ramau, Cahiers, site web, journées ?

Ma thèse7 a représenté une lente migration de l’Italie vers la France (linguistique d’abord, puis culturelle). Aussi, j’ai pris le parti de suivre ce qui m’avait étonnée et m’apparaissait comme une « absence curieuse » : le manque de participation des architectes français à la construction des approches théoriques de la notion de ville durable. La thèse s’est construite en partant de mon regard étranger sur les débats autour de la notion – polysémique, omniprésente, controversée – de « ville durable », dont la portée demandait une remise en perspective avec les débats sur le projet urbain. Loin d’une approche techno-centrée, l’émergence du développement durable a été abordée dans mon travail comme une problématique ouverte plutôt que comme une série de solutions fermées. La question des cultures disciplinaires des acteurs de la conception et de l’urbanisme a été centrale pour construire une posture critique tout en restant proche de la praxis du projet de territoire. La question de la consistance et de l’utilité de la notion de figure m’avait permis d’effectuer une mise en perspective des questions actuelles, notamment par rapport au débat italien sur les outils critiques du projet. Le cas d’étude de la métropole de Strasbourg, que j’ai mené dans le cadre de la thèse, m’a permis d’identifier des évolutions des différentes figures à l’œuvre dans le territoire strasbourgeois, tant dans ses représentations que dans les mises en récit des acteurs.

Je prolonge ces réflexions grâce à une imbrication forte avec l’enseignement, sur deux niveaux. D’abord par la coordination du réseau scientifique pédagogique Espace rural et projet spatial (ERPS), qui rassemble de nombreux membres issus des établissements d’enseignement supérieur formant des « praticiens de l’espace » (architecture, design, urbanisme, aménagement, paysage), mais aussi des professionnels et des agents des collectivités. Créé il y a bientôt dix ans, ce réseau a pour ambition de « renouveler les savoirs et les pratiques d’enseignement du projet dans les territoires ruraux, prenant en compte les transformations d’ordre spatial et sociétal qui ont marqué le processus d’urbanisation des trente dernières années, en France et dans la majorité des pays européens8 ». Plusieurs passerelles ont été créées avec le réseau Ramau, mais aussi avec l’association Didattica9, notamment par l’implication d’Élise Macaire. La spécificité des contextes de faible densité conduit aussi à réfléchir à d’autres manières de penser les métiers, les acteurs, et les dispositifs permettant l’aménagement du cadre de vie. Avec le réseau, je prépare les 9es rencontres, durant lesquelles nous questionnons, sous l’angle politique, le rôle des territoires ruraux dans les transitions en cours. D’autres passerelles avec le réseau Ramau restent à construire sur ce sujet, dans une logique inter-réseaux de plus en plus nécessaire.

Par ailleurs, l’introduction d’une pratique de « jeux urbains10 » au sein d’un atelier de projet à l’Ensa Lyon (M1) portant sur les territoires du Grand Parc de Miribel-Jonage permet d’initier les étudiants à la dimension relationnelle du projet spatial aux différentes échelles. Les élèves ont conçu, construit et animé trois sessions de jeu durant le semestre, dans une imbrication forte avec le processus de conception. Par la mobilisation des élus et des équipes techniques du Grand Parc, ces jeux leur ont permis d’alimenter la réflexion, de valider des intuitions et surtout de se mesurer à la dimension contradictoire liée aux enjeux de notre temps : comment jongler entre accessibilité à tous et préservation de l’environnement ? Comment reconnaître celui-ci comme acteur de premier plan dans l’adaptation au changement climatique à l’échelle de la métropole lyonnaise ? Comment reconfigurer la lisibilité des accès au parc, dans une logique d’équité territoriale ?

Quelles sont les thématiques que vous souhaiteriez voir émerger dans les activités du réseau ?

Les pédagogies ayant pour objectif la dimension relationnelle du projet de territoire pourraient également faire l’objet de moments de rencontre : une passerelle à construire avec le réseau Ensa-Eco11 ?

Yasmina Dris – Des citoyens dans la fabrique de la ville

Quelle est votre perception de Ramau et en quoi consiste votre participation au réseau ?

Je conçois le réseau comme un espace d’échange et de rencontre entre des personnes issues d’horizons variés. Il permet la rencontre entre le monde professionnel et celui de la recherche. C’est d’ailleurs sur cet aspect que ma contribution au Cahier 812 s’est portée. J’ai interviewé des professionnels intervenant dans différents domaines (paysage, gestion de logement ou d’espace tertiaire) et dont les préoccupations se rejoignent autour de la mise en place d’une gestion durable des espaces architecturaux et urbains.

Quels sont les liens entre votre thèse et les thématiques du réseau ? Comment avez-vous pu et pouvez-vous actuellement mobiliser les travaux de Ramau, Cahiers, site web, journées ?

L’apport scientifique du réseau dans le cadre de ma thèse13 est considérable à plusieurs égards. Tout d’abord, la première recherche ayant abordé l’activité de programmation en France et sa structuration a été menée dans le cadre d’un projet Ramau14. J’ai largement mobilisé ce travail dans ma réflexion pour comprendre la pratique de la programmation aujourd’hui. Le réseau m’a également permis d’identifier des travaux en cours sur les enjeux de la durabilité, notamment lors des rencontres tenues entre 2012 et 2014.

Dans ma thèse, j’interroge à la fois le rapport des professionnels à la question de l’implication des citoyens et l’impact du nouveau contexte de production urbaine sur un groupe professionnel en cours de structuration. Cette recherche s’inscrit donc dans la continuité des travaux portés par Ramau sur les métiers et professions de l’architecture et de l’urbanisme, ainsi que sur leurs évolutions. Il succède aux recherches qui questionnent les évolutions des pratiques professionnelles au regard de l’évolution des enjeux de durabilité (thème abordé par le précédent programme de recherche du réseau).

Quels sont votre parcours personnel et vos centres d’intérêt ?

Je suis architecte et urbaniste de formation, avec une spécialisation en programmation. Le choix de m’orienter vers le monde de la recherche et de l’enseignement s’est confirmé après quelques courtes expériences professionnelles. Durant celles-ci, j’ai pu prendre conscience des difficultés rencontrées sur certaines questions, en particulier celles relatives à l’implication des citoyens dans l’élaboration des projets architecturaux et urbains. Je suis engagée depuis 2014 dans une recherche doctorale15 sur les pratiques de la programmation participative, au sein du LET-UMR Lavue, grâce à un financement accordé par Hesam Université dans le cadre du programme « Paris Nouveaux Mondes ».

Quelles sont les thématiques que vous souhaiteriez voir émerger dans les activités du réseau ?

Le monde de la recherche architecturale et urbaine connaît depuis quelques années plusieurs évolutions. Le développement des thèses en Cifre et par validation des acquis de l’expérience ainsi que la mise en place du statut d’enseignant-chercheur dans les écoles d’architecture en sont des signes. S’intéresser à ces évolutions, à leurs effets sur le paysage de la recherche, notamment dans les liens et différentes formes d’échanges développés avec le monde professionnel, est un moyen de contribuer à la compréhension des pratiques et des métiers de l’urbain. La constitution du réseau de jeunes chercheurs Ramau semble amorcer cette dynamique.

Une nouvelle jeunesse pour Ramau

Vingt ans après sa construction, Ramau se réinvente au travers de sa jeunesse, arrimée aux principes fondateurs du réseau : l’intérêt pour la fabrique de l’espace perdure, tout autant que celui pour l’évolution des métiers et des professions dans le champ de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage. Même si davantage de travaux sont désormais consacrés aux urbanistes, à l’activité de programmation et à l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, l’architecture et les architectes restent au cœur des objets de recherche. Enfin la question environnementale et climatique, présente depuis le milieu des années 2000, permet un renouveau thématique et méthodologique dans les recherches.

Cahiers Ramau 8, auquel Yasmina Dris a participé

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Le dispositif Cifre concerne de nombreux Jeunes Ramau, amenés à se situer au carrefour des mondes universitaire et professionnel. Les diplômés des Ensa sont de plus en plus nombreux à s’orienter vers un doctorat et à s’interroger sur leur insertion professionnelle et leur rôle dans le paysage de la recherche et de l’enseignement. Après une formation initiale vers une pratique professionnelle (souvent l’architecture et l’urbanisme), ils soutiennent des thèses en sociologie ou en architecture et s’engagent alors dans un autre parcours, vraisemblablement enthousiasmant et enrichissant. Une majorité souhaite devenir enseignant-chercheur, mais tous ne le seront pas, ou pas tout de suite. Ingénieurs de recherche, post-doctorants, chargés de missions de recherche, salariés de collectivités territoriales : cette diversité de débouchés mériterait une large enquête nationale pour mieux cerner le devenir des jeunes docteurs.

Les Jeunes Ramau s’emparent finalement du réseau de plusieurs manières : source continuellement renouvelée de productions scientifiques, le réseau alimente les travaux doctoraux et de recherche ; opportunités de publication, les Cahiers offrent aux jeunes comme aux confirmés un espace pour valoriser leurs travaux ; communauté diversifiée en profils et en compétences, les congrès et séminaires Ramau sont appréciés autant pour l’ambiance bienveillante qui y règne que pour la richesse des connexions professionnelles qu’ils procurent.

1 Cf. la Revue française des méthodes visuelles, récemment créée, dédiée à ces méthodes : https://rfmv.fr

2 Tapie G. (dir.), 2018, La Culture architecturale des Français, Paris, Presses de Sciences Po.

3 Gerbeaud F., 2012, L’Habitat spontané : une architecture adaptée pour le développement des métropoles ? Le cas de Bangkok, Thaïlande, thèse en

4 Projet scientifique Ramau 2019.

5 Manola T., 2012, Conditions et apports du paysage multisensoriel pour une approche sensible de l’urbain : mise à l’épreuve théorique, méthodologique

6 « Production sensible de l’espace public contemporain. De la conception à l’expérience, pour penser les enjeux politiques du sensible », laboratoire

7 D’Emilio L., 2013, La Ville durable dans le débat français : entre réflexion et praxis. Figures de projet à l’œuvre à Strasbourg, thèse en

8 Source : erps.archi.fr

9 http://www.didattica-asso.com

10 Jeux de territoire, serious games… Une grande palette d’expérimentations émerge autour d’une plus grande « ludification » de l’urbanisme. Le Labex

11 Réseau de l’enseignement de la transition écologique dans les Ensa.

12 Dris Y., « Entretien avec Marine Morain », in Cahier Ramau 8, Concevoir la ville durable : un enjeu de gestion ? Paris, Éditions de la Villette, p.

13 Dris Y.,La Programmation et l’injonction à la participation citoyenne : quelles évolutions des pratiques et représentation professionnelles, thèse

14 Allégret J., Mercier N., Zetlaoui-Léger J., 2005, L’Exercice de la programmation architecturale et urbaine en France. État de la construction et de

15 « La participation citoyenne dans la programmation des projets urbains et architecturaux : quelles évolutions des pratiques professionnelles ? »

1 Cf. la Revue française des méthodes visuelles, récemment créée, dédiée à ces méthodes : https://rfmv.fr

2 Tapie G. (dir.), 2018, La Culture architecturale des Français, Paris, Presses de Sciences Po.

3 Gerbeaud F., 2012, L’Habitat spontané : une architecture adaptée pour le développement des métropoles ? Le cas de Bangkok, Thaïlande, thèse en sociologie de l’université de Bordeaux.

4 Projet scientifique Ramau 2019.

5 Manola T., 2012, Conditions et apports du paysage multisensoriel pour une approche sensible de l’urbain : mise à l’épreuve théorique, méthodologique et opérationnelle dans trois quartiers dits durables : WGT (Amsterdam), Bo01, Augustenborg (Malmö), thèse en aménagement de l’espace, urbanisme de l’université Paris‑Est.

6 « Production sensible de l’espace public contemporain. De la conception à l’expérience, pour penser les enjeux politiques du sensible », laboratoire Ambiances, Architectures, Urbanités (AAU).

7 D’Emilio L., 2013, La Ville durable dans le débat français : entre réflexion et praxis. Figures de projet à l’œuvre à Strasbourg, thèse en aménagement de l’université de Strasbourg.

8 Source : erps.archi.fr

9 http://www.didattica-asso.com

10 Jeux de territoire, serious games… Une grande palette d’expérimentations émerge autour d’une plus grande « ludification » de l’urbanisme. Le Labex « Intelligence des mondes urbains » de luniversité de Lyon, avec lequel je collabore sur ces sujets, a adopté la formule de « jeux urbains ». Les pratiques restent assez variées.

11 Réseau de l’enseignement de la transition écologique dans les Ensa.

12 Dris Y., « Entretien avec Marine Morain », in Cahier Ramau 8, Concevoir la ville durable : un enjeu de gestion ? Paris, Éditions de la Villette, p. 160‑162.

13 Dris Y., La Programmation et l’injonction à la participation citoyenne : quelles évolutions des pratiques et représentation professionnelles, thèse en architecture, urbanisme et environnement, en préparation depuis 2014, Cnam.

14 Allégret J., Mercier N., Zetlaoui-Léger J., 2005, L’Exercice de la programmation architecturale et urbaine en France. État de la construction et de la spécification des savoir-faire des professionnels de la programmation. Analyse du processus de professionnalisation, recherche menée dans le cadre du programme de recherche du réseau Ramau, Paris, Puca, 2 volumes.

15 « La participation citoyenne dans la programmation des projets urbains et architecturaux : quelles évolutions des pratiques professionnelles ? », sous la direction de Jodelle Zetlaoui-Léger. Laboratoire Espaces Travail LET-UMR CNRS Lavue 7218, École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, école doctorale 546 Abbé Grégoire du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

Figure 1 - Le projet, l’urbain et les acteurs au cœur des thèses

Figure 1 - Le projet, l’urbain et les acteurs au cœur des thèses

Figure 2 - Disciplines de masters et de thèses

Figure 2 - Disciplines de masters et de thèses

Figure 3 - Réalisation d’un parcours multisensoriel au sein du quartier WGT à Amsterdam en 2010

Figure 3 - Réalisation d’un parcours multisensoriel au sein du quartier WGT à Amsterdam en 2010

© Silvère Tribout

Cahiers Ramau 8, auquel Yasmina Dris a participé

Cahiers Ramau 8, auquel Yasmina Dris a participé

Laura Brown

Architecte et docteure en sociologie, Laura Brown est membre du laboratoire Profession, Architecture, Ville et Environnement (Pave) et du Centre Émile-Durkheim (CNRS, université de Bordeaux). Après avoir soutenu une thèse sur la condition internationale des architectes, elle collabore au projet régional Adeqwat dans le cadre d’un contrat postdoctoral. Conduit en partenariat avec des ingénieurs hydrogéologues et des sociologues, ce projet vise à analyser l’avenir de la ressource en eau en Nouvelle Aquitaine à l’horizon 2050, par l’emploi de méthodes qualitatives et quantitatives. Des missions de terrain aux États-Unis et en Inde lui permettent de mettre en perspective les récits des visions d’avenir locales. L’angle international est le fil rouge de ses travaux.
Contact laura.brown.contact@gmail.com

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